Isolement des personnes âgées : ce que l'aide à domicile voit, et ce qu'elle peut en faire
Du 5 au 11 octobre 2026, la 75e Semaine bleue invite à relier tous les âges. En 2025, 750 000 personnes de 60 ans et plus vivaient en situation de « mort sociale », selon les Petits Frères des Pauvres : coupées à la fois de leur famille, de leurs amis, de leurs voisins et de toute vie associative. Cette mesure ne compte pas les professionnels. Ce guide décrit ce que l'aide à domicile voit de l'isolement, ce que le code lui demande de repérer, et comment faire en sorte qu'un repérage serve à quelque chose.
Semaine bleue 2026 : « Relions tous les âges dans des territoires engagés ! »
La Semaine bleue 2026 a lieu du lundi 5 au dimanche 11 octobre. C'est la 75e édition, marrainée par Roselyne Bachelot, et son thème officiel est « Relions tous les âges dans des territoires engagés ! ». Le site de l'événement présente les liens entre générations comme une réponse à l'isolement, qui « menace l'autonomie et la qualité de vie des aînés ».
L'histoire de la Semaine bleue dit quelque chose du chemin parcouru. Selon son site officiel, l'événement est né en 1951 sous le nom de « Journée des vieillards », créée par arrêté du ministère de la Santé publique. Il porte le nom de Semaine bleue depuis le début des années 1990, avec un slogan qui n'a pas pris une ride : « 365 jours pour agir, 7 jours pour le dire ». L'Uniopss en assure la coordination.
Pour un service d'aide à domicile, la semaine est l'occasion de regarder en face une réalité que ses intervenantes côtoient. Elles voient, d'une semaine à l'autre, ce qui change chez les personnes qu'elles accompagnent, y compris quand leur vie sociale se réduit. Ce guide rassemble ce que l'on sait de l'isolement des personnes âgées, ce que les textes demandent aux services autonomie à domicile, et ce qu'une agence peut organiser pour qu'un isolement repéré ne reste pas une impression.
Isolement des personnes âgées : ce que mesure le baromètre 2025
La mesure la plus citée est le baromètre des Petits Frères des Pauvres, « Solitude et isolement : quand on a plus de 60 ans en France en 2025 », publié le 30 septembre 2025. C'est sa troisième édition, après 2017 et 2021. L'enquête a été conduite par CSA Research, par téléphone, du 7 au 24 avril 2025, auprès de 1 860 personnes de 60 ans et plus, en France métropolitaine, en Guadeloupe et en Martinique, résidents d'Ehpad compris. Elle a été soutenue financièrement par la Fondation des Petits Frères des Pauvres et par l'Assurance retraite.
750 000 personnes en « mort sociale »
Le chiffre le plus repris est celui-ci : en 2025, 750 000 personnes de 60 ans et plus sont en situation de « mort sociale », soit 4 % des 60 ans et plus. Le baromètre définit la mort sociale comme le fait d'être isolé à la fois des quatre cercles de sociabilité : la famille, les amis, le voisinage et les réseaux associatifs. Il donne un ordre de grandeur parlant : « peu ou prou le nombre d'habitants d'un département comme la Loire ou le Bas-Rhin ».
| Année | Personnes de 60 ans et plus en mort sociale | Part des 60 ans et plus |
|---|---|---|
| 2017 | environ 300 000 | 2 % |
| 2021 | 530 000 | 3 % |
| 2025 | 750 000 | 4 % |
Soit + 42 % en quatre ans et + 150 % en huit ans. Le grand âge aggrave le risque : 6 % des 80 ans et plus sont en mort sociale. Et le baromètre projette, en tenant compte du vieillissement de la population, entre 826 000 et un million de personnes concernées en 2030 ; c'est un scénario, calculé avec un taux de 4 % ou de 5 %, pas une certitude.
Deux millions isolés de leur famille et de leurs amis
La mort sociale est la forme extrême. Plus largement, 2 millions de personnes de 60 ans et plus sont isolées des cercles familial et amical, un chiffre en hausse de 120 % en huit ans. Le baromètre donne d'autres repères, tous pour les 60 ans et plus en 2025 :
- environ 1,5 million ne voient jamais ou quasiment jamais leur famille proche ;
- 1,1 million n'ont pas ou peu de lien avec des amis, ou n'ont pas d'amis ;
- 2,5 millions se sentent seules tous les jours ou presque ;
- près de 5,7 millions n'ont personne à qui parler de choses intimes ou personnelles ;
- environ 9 millions ne sortent pas de chez elles tous les jours ;
- plus de 5 millions n'utilisent jamais Internet.
« Mort sociale » ne veut pas dire « ne voir personne »
Une précision change tout pour les services à domicile : la mesure de la mort sociale ne compte pas les professionnels. Les quatre cercles sont la famille, les amis, les voisins et les associations ; les contacts avec les commerçants et les soignants sont mesurés à part, et n'entrent pas dans la définition. Une personne en situation de mort sociale peut donc recevoir la visite d'une aide à domicile plusieurs fois par semaine.
Il faut donc se garder de deux raccourcis. Le premier : « 750 000 personnes âgées ne voient personne ». Ce n'est pas ce que dit le baromètre. Le second : « l'aide à domicile est le seul lien social de ces personnes ». Aucune mesure ne l'établit. Le baromètre cite bien une phrase d'un partenaire, selon laquelle « les employés à domicile peuvent parfois représenter le dernier lien social d'une personne âgée », mais c'est une opinion rapportée, pas un chiffre.
Ce que le baromètre mesure, en revanche, invite à la modestie. À la question « sur qui compter en cas de perte d'autonomie ? », 53 % des 60 ans et plus citent leurs enfants, 26 % leur conjoint, et 15 % les services d'aide à domicile, dont 8 % en premier. Et 15 % répondent qu'ils n'ont personne. L'aide à domicile n'est pas, dans l'esprit des personnes âgées, un recours évident. Elle peut pourtant être présente là où l'isolement s'installe, sans que la mesure ne la compte.
L'enjeu n'est pas de devenir le lien social de la personne. C'est de voir l'isolement quand il s'installe, et de faire en sorte que cela serve à quelque chose.
Les fêtes de fin d'année : le chiffre qui n'existe pas
Chaque mois de décembre ramène la même phrase : « X % des personnes âgées passent Noël seules ». Nous l'avons cherchée. Aucune donnée officielle datée ne mesure l'isolement des personnes âgées spécifiquement pendant les fêtes de fin d'année. C'est un résultat négatif, et c'est le plus utile de tout ce sujet.
Ce que le baromètre ne donne pas
Le baromètre 2025 des Petits Frères des Pauvres, qui fournit tous les chiffres cités plus haut, ne comporte aucune ventilation saisonnière : ni chiffre propre aux fêtes, ni chiffre propre à Noël. Vérification faite sur sa page de présentation des résultats. Ce qu'il établit est d'une autre nature, et se mesure en années, pas en semaines : une progression de 42 % en quatre ans et de 150 % en huit ans du nombre de personnes en mort sociale.
Écrire « l'isolement augmente pendant les fêtes » serait donc une extrapolation. Il est très possible que la période soit plus difficile pour certaines personnes — les intervenantes le racontent — mais une observation de terrain n'est pas une mesure, et nous ne la présenterons pas comme telle.
Deux associations, ce qu'elles publient, et ce qu'elles ne sont pas
Deux acteurs reviennent dans toutes les conversations sur l'isolement. Ce sont des associations, pas des dispositifs publics, et elles ne sont citables que pour ce qu'elles publient en propre.
- Monalisa, association créée en 2014, anime environ 900 équipes citoyennes en France, soutenues par des collectivités et des organismes sociaux. Sa page d'accueil affiche un chiffre daté : 2 millions de personnes âgées concernées par l'isolement, millésime 2024. Aucune action spécifique aux fêtes de fin d'année n'y est annoncée (page consultée le 20 septembre 2026).
- Les Petits Frères des Pauvres proposent une rubrique « Noël » dans leurs activités collectives, et mentionnent l'organisation de repas de fêtes partagés. Leur page d'accueil affiche 15 000 personnes aidées et 300 équipes d'action — sans millésime. Un chiffre sans millésime ne se date pas soi-même : s'il est cité, c'est avec sa date de consultation, et pas autrement.
Ces deux organisations animent des initiatives locales vers lesquelles une personne qui le souhaite peut être orientée. C'est de cette façon qu'elles sont utiles à un service à domicile : comme des relais identifiés sur un territoire, pas comme des sources de statistiques nationales.
Pourquoi nous ne publions aucun numéro d'écoute
Des dispositifs d'écoute existent, et un numéro périmé ou mal recopié fait plus de mal qu'une absence de numéro : il envoie une personne isolée vers une ligne qui ne répond pas. Nous n'en publions donc aucun dans ce guide. Si vous affichez un numéro dans votre livret d'accueil ou sur un courrier à vos bénéficiaires, rouvrez la page officielle du dispositif le jour où vous l'imprimez, et notez la date de vérification à côté.
Ce que cela change pour une agence, en décembre
Renoncer au chiffre de Noël ne prive de rien. La fin d'année pose de vraies questions à un service à domicile, et elles n'ont pas besoin d'une statistique pour être prises au sérieux : des plannings tendus par les congés, des familles parfois absentes, des habitudes bousculées, et des personnes que l'on voit moins parce que les jours fériés tombent. Ce sont vos propres observations, bénéficiaire par bénéficiaire, qui valent ici — pas une moyenne nationale qui n'existe pas.
Repérer les fragilités : une mission écrite dans le code
Le repérage n'est pas seulement une bonne pratique. Depuis le 1er janvier 2024, l'article D312-1 du CASF, issu du décret n° 2023-608 du 13 juillet 2023, dispose que les services autonomie à domicile « contribuent au repérage des fragilités de la personne accompagnée, notamment lorsqu'ils interviennent : 1° Au titre du temps consacré au lien social mentionné à l'article L. 232-6 ».
Le cahier des charges national des SAD (annexe 3-0 du CASF) l'inscrit dès la première visite. L'évaluation de la demande, conduite au domicile par l'encadrant, comprend le repérage des signes de fragilité, de perte d'autonomie et d'isolement, ainsi que des difficultés des aidants (§ 3.3). L'isolement est donc un élément de l'évaluation initiale, pas une découverte fortuite.
Pour la méthode, la HAS diffuse la recommandation de l'ANESM « Repérage des risques de perte d'autonomie ou de son aggravation pour les personnes âgées – Volet domicile » (15 février 2016, mise à jour le 16 mars 2018). Elle vise les services à domicile et propose des fiches-repères, dont une consacrée à la souffrance physique ou psychique, et une autre à la santé des aidants. C'est une ressource méthodologique, pas une obligation.
Les heures de lien social de l'APA : jusqu'à 9 heures par mois
Depuis le 1er janvier 2024, le plan d'aide APA à domicile peut comporter un temps consacré au lien social, dans la limite de 9 heures par mois. La mesure a été créée par l'article 75 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2023 (article L232-6 du CASF) ; le plafond de 9 heures est fixé par le décret n° 2023-1431 du 30 décembre 2023 (article D232-8-1).
La FAQ publiée par le ministère en juin 2024 en précise le fonctionnement :
- ces heures ne peuvent être réalisées que par les salariés des services autonomie à domicile, ou par des salariés employés par la personne âgée, directement ou par l'intermédiaire d'un mandataire ;
- tous les bénéficiaires de l'APA, du GIR 1 au GIR 4, peuvent en bénéficier, sans autre critère ;
- l'équipe médico-sociale du Département est tenue de les proposer, et la personne peut les refuser ;
- le Département a jusqu'au 31 décembre 2028 pour les proposer à tous les plans d'aide en cours ;
- elles sont financées par l'APA, « même lorsqu'elle entraîne le dépassement du plafond réglementairement fixé ».
La FAQ leur donne deux objectifs explicites. Le premier : rompre l'isolement et repérer les fragilités, pour que « l'intervenant à domicile joue pleinement son rôle de veille en cas de dégradation de l'état de la personne ». Le second : lutter contre les plannings hachés et le temps partiel subi des aides à domicile. Les deux objectifs se tiennent : un temps de présence qui n'est pas minuté par une tâche est aussi un temps où l'on voit.
Deux précautions. Ces heures ne sont pas automatiques : elles sont proposées, et peuvent être refusées. Et nous n'avons trouvé aucune donnée publique sur leur déploiement réel, département par département ; il serait donc faux d'écrire que chaque bénéficiaire de l'APA dispose aujourd'hui de 9 heures. Notre guide de l'APA détaille le fonctionnement du plan d'aide.
Les signes d'isolement à apprendre à voir
Un repli qui s'installe se remarque d'une semaine à l'autre, rarement d'un coup. C'est là que les intervenantes ont un avantage rare : elles voient la même personne, dans le même logement, à intervalles réguliers. Voici des signes que les équipes apprennent à repérer. Ce ne sont pas des critères officiels, mais des indices d'observation, à croiser entre eux et avec ce que dit la personne :
- le logement : du courrier qui s'accumule sans être ouvert, un réfrigérateur qui se vide, un téléphone qui ne sonne plus, des volets qui restent fermés ;
- les habitudes : elle ne sort plus faire ses courses, a cessé une activité ou une visite qui comptait, ne parle plus de la voisine ou du club ;
- la parole : elle dit s'ennuyer, attendre, ne plus servir à rien, ou au contraire ne parle presque plus pendant l'intervention ;
- le soin de soi : une hygiène, une tenue ou une alimentation qui se dégradent ;
- l'entourage : une famille qui appelait souvent et n'appelle plus, un aidant qui s'éloigne ou s'épuise.
Aucun de ces signes ne suffit seul. Ensemble, et surtout dans la durée, ils décrivent une trajectoire. C'est pourquoi l'isolement doit être regardé comme un signal, pas comme un trait de caractère : « elle a toujours été solitaire » est parfois vrai, et parfois la façon dont un repli passe inaperçu.
Transmettre : un repérage n'a de valeur que s'il arrive quelque part
Une observation qui reste dans une conversation de couloir n'existe pas. Le repérage n'a de sens que si l'information parvient à quelqu'un qui peut agir. Trois destinataires reviennent, chacun avec ses règles.
L'encadrement du service, d'abord
L'intervenante n'a pas à décider seule de ce qu'il faut faire. Elle transmet à son service, qui décide. C'est aussi à ce moment que le projet personnalisé peut être revu : un isolement qui s'installe est typiquement un changement dans la vie de la personne susceptible de le faire évoluer, et peut justifier une réévaluation.
Les proches, avec l'accord de la personne
La confidentialité des informations qui la concernent est un droit de la personne (CASF, art. L311-3). Le cahier des charges des SAD le traduit pour l'outil de liaison : sa consultation par l'entourage « est conditionnée à l'accord » de la personne. Prévenir une fille que sa mère ne sort plus suppose donc d'en parler d'abord avec la mère. Notre guide de l'aidant à distance décrit la relation avec les familles éloignées.
Les autres professionnels et les dispositifs publics
Avec l'accord de la personne ou de son représentant légal, le service transmet toute information utile aux autres professionnels qui interviennent auprès d'elle, dans le cadre de l'article L1110-4 du code de la santé publique (cahier des charges, § 4.1). Le médecin traitant, l'équipe médico-sociale du Département, qui peut revoir le plan d'aide et proposer des heures de lien social, sont des interlocuteurs naturels.
Côté commune, le registre des personnes vulnérables (article L121-6-1 du CASF) a été élargi par la loi du 8 avril 2024. Sauf opposition de la personne, le Département transmet notamment au maire les données des bénéficiaires de l'APA à domicile, et ces données servent désormais aussi à proposer des actions contre l'isolement et à informer sur les aides, au-delà des contacts pendant les plans d'alerte, comme en période de canicule. Le décret n° 2026-590 du 3 juillet 2026 en précise les modalités. Notre guide du plan bleu et de la canicule revient sur son usage en période de crise.
Demander à être destinataire du registre communal
Ce registre est souvent évoqué, rarement utilisé par les services eux-mêmes. Le décret n° 2026-590 du 3 juillet 2026, pris pour l'application de l'article L. 121-6-1 du CASF modifié par la loi du 8 avril 2024, ouvre une voie précise — et il la borne tout aussi précisément.
Un service n'y a pas accès de plein droit
Commençons par ce qui n'est pas possible. Y accèdent directement le maire et les agents municipaux, du CCAS ou du CIAS « individuellement désignés et spécialement habilités par le maire », tenus au secret professionnel dans les conditions des articles 226-13, 226-14 et 226-31 du code pénal. Un service autonomie à domicile n'est pas dans cette liste : il ne consulte pas le registre, et il ne peut pas demander à le consulter.
Ce qu'il peut faire : demander à en être destinataire, par écrit
L'article R. 121-8, dans sa rédaction issue du décret, prévoit que « peuvent être destinataires, à raison de leurs attributions respectives et dans la limite du besoin d'en connaître formulé lors de leur demande, les services sanitaires, les établissements et les services sociaux et médico-sociaux mentionnés aux 6° et 7° du I de l'article L. 312-1 ». Les services autonomie à domicile relèvent de ces rubriques.
Pour la finalité de lutte contre l'isolement, la demande se fait par écrit, et elle indique quatre éléments :
- la mission du service ;
- le public concerné ;
- le territoire d'intervention ;
- une adresse de contact sécurisée pour la transmission des données.
Le quatrième point est le plus concret, et le plus souvent celui qui manque : il suppose d'avoir, avant d'écrire, une adresse professionnelle sécurisée destinée à recevoir ces données, et de savoir qui, dans le service, y a accès.
Ce que le registre ne contient pas
Une précision qui évite une déception : le décret exclut expressément deux catégories de données. « Les transmissions mentionnées au présent article ne comportent aucune donnée relative à la nature de la pathologie ni au niveau de perte d'autonomie des personnes concernées. » Le registre ne donne donc ni le GIR, ni la pathologie. Ce n'est pas un outil d'évaluation, c'est une liste de personnes à contacter sur un territoire.
Deux autres bornes complètent le tableau. « Toute réutilisation des données contenues dans le registre nominatif à des fins électorales et commerciales est interdite » — la demande d'un service se justifie donc par sa mission, jamais par une démarche de prospection. Et les données sont conservées jusqu'au décès ou à la radiation de la personne, le maire s'assurant tous les cinq ans de l'absence d'opposition des personnes inscrites.
Une demande écrite, une mission, un territoire, une adresse sécurisée : c'est peu de chose, et c'est la différence entre un registre dont on parle et un registre dont on se sert.
Ce que l'isolement demande à une agence
Il ne s'agit pas d'ajouter une mission, mais de donner une suite à ce que les équipes voient déjà. Cinq décisions y suffisent.
- Regarder l'isolement comme un signal. Le noter dès la visite d'évaluation, comme le demande le cahier des charges, et le suivre dans le temps plutôt que le constater une fois.
- Donner aux intervenantes un endroit où le dire. Un cahier de liaison, une rubrique dans le compte rendu d'intervention, un point en réunion d'équipe : peu importe le support, pourvu qu'il existe, qu'il soit connu et qu'il soit lu.
- Savoir à qui transmettre. Encadrement, famille avec l'accord de la personne, médecin traitant, Département : écrire ce circuit une fois pour toutes évite de le réinventer à chaque situation.
- Préserver la continuité des intervenantes. On ne remarque un repli que chez une personne qu'on connaît : une intervenante qui change chaque semaine ne peut pas voir une évolution. Notre guide sur la gestion des absences et des remplacements propose des pistes pour préserver cette connaissance.
- Relier, localement. Connaître les initiatives de la commune, du CCAS ou des associations qui organisent des visites ou des activités, notamment pendant la Semaine bleue, permet d'orienter la personne qui le souhaite vers autre chose qu'une intervention.
Checklist : l'isolement est-il visible dans votre service ?
- Votre visite d'évaluation recherche-t-elle explicitement les signes d'isolement ?
- Vos intervenantes savent-elles où noter un repli, et savent-elles que ce sera lu ?
- Qui, dans votre service, reçoit ces observations et décide de la suite ?
- Recueillez-vous l'accord de la personne avant d'informer ses proches ?
- Savez-vous quels bénéficiaires de l'APA ont des heures de lien social dans leur plan d'aide ?
- Un isolement repéré déclenche-t-il une réévaluation du projet personnalisé ?
- Connaissez-vous les initiatives locales vers lesquelles orienter une personne qui le souhaite ?
« 365 jours pour agir, 7 jours pour le dire » : le slogan de la Semaine bleue décrit assez bien la place d'un service à domicile. Le reste de l'année, c'est lui qui est là.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la « mort sociale » des personnes âgées ?
Dans le baromètre des Petits Frères des Pauvres, la mort sociale désigne les personnes de 60 ans et plus isolées à la fois des quatre cercles de sociabilité : la famille, les amis, le voisinage et les réseaux associatifs. Elles étaient 750 000 en 2025, soit 4 % des 60 ans et plus. Les contacts avec les professionnels, commerçants et soignants ne sont pas comptés : une personne en mort sociale peut donc recevoir la visite d'une aide à domicile.
Combien de personnes âgées sont isolées en France ?
Selon le baromètre 2025 des Petits Frères des Pauvres, 750 000 personnes de 60 ans et plus sont en situation de mort sociale, contre environ 300 000 en 2017, et 2 millions sont isolées des cercles familial et amical. 2,5 millions déclarent se sentir seules tous les jours ou presque.
Que sont les heures de lien social de l'APA ?
Depuis le 1er janvier 2024, le plan d'aide APA à domicile peut comporter jusqu'à 9 heures par mois consacrées au lien social (art. L232-6 et D232-8-1 du CASF). L'équipe médico-sociale du Département est tenue de les proposer, la personne peut les refuser, et elles ne peuvent être réalisées que par des salariés des services autonomie à domicile ou des salariés employés par la personne. Elles sont financées même au-delà du plafond du plan d'aide.
Les services d'aide à domicile doivent-ils repérer l'isolement ?
Oui. Depuis le 1er janvier 2024, l'article D312-1 du CASF dispose que les services autonomie à domicile contribuent au repérage des fragilités de la personne accompagnée, notamment au titre du temps consacré au lien social. Le cahier des charges des SAD prévoit aussi, dès l'évaluation à domicile, le repérage des signes de fragilité, de perte d'autonomie et d'isolement.
Quand a lieu la Semaine bleue 2026 ?
Du lundi 5 au dimanche 11 octobre 2026. C'est la 75e édition, sur le thème « Relions tous les âges dans des territoires engagés ! ».
Pour aller plus loin
- Guide APA : facturation et suivi — le plan d'aide, où s'inscrivent les heures de lien social.
- Plan bleu et canicule : le guide des services — le registre communal en période de crise.
- Le projet personnalisé en aide à domicile — réévaluer quand la vie de la personne change.
- Aidant à distance : veiller sur un parent âgé de loin — la relation avec les familles éloignées.
- Bientraitance et prévention des maltraitances à domicile — quand l'isolement est imposé à la personne.
- Grille AGGIR : évaluer le GIR d'un bénéficiaire — l'évaluation APA et celle du service.
Ce qu'Alma outille pour repérer et transmettre
Repérer l'isolement reste un travail humain : un regard, une conversation, une intuition qu'on prend au sérieux. Ce qu'un logiciel peut faire, c'est offrir à ce regard un endroit où s'écrire, et un chemin jusqu'à quelqu'un qui peut agir. Voici ce qu'Alma fait aujourd'hui.
- Le compte rendu et le cahier de liaison depuis le téléphone : à la fin de chaque intervention, l'intervenante peut consigner ce qu'elle a observé. Chaque note du cahier de liaison porte sa visibilité : réservée à l'agence, destinée à l'intervenante, ou partagée avec la personne et sa famille. Une observation sur un repli peut ainsi remonter à l'encadrement sans apparaître d'office sur le portail famille.
- Le risque « Isolement » dans le projet personnalisé : parmi les risques identifiés, il porte sa conduite à tenir et le contact à prévenir, consultables par l'intervenante affectée depuis l'application mobile. Les sections « Aidants et entourage » et « Habitudes de vie » y sont également visibles : ce sont elles qui permettent de remarquer qu'une habitude a disparu.
- Un signalement quand la situation l'exige : l'application mobile permet de signaler notamment une confusion, l'absence de nourriture au domicile ou l'absence du bénéficiaire, avec une gravité ; la direction est prévenue dans l'application et par e-mail.
- Le journal du dossier, côté agence, qui garde l'historique des échanges et des décisions, et une alerte avant l'échéance de réévaluation du projet personnalisé.
Ce qu'Alma ne fait pas : il ne mesure pas l'isolement, ne calcule aucun score et ne remplace ni la visite d'évaluation, ni la décision de l'encadrement. Il ne gère pas non plus, à ce jour, un suivi propre aux heures de lien social du plan d'aide APA. Ces fonctions sont disponibles aujourd'hui ; le périmètre de chaque offre est détaillé sur la page Tarifs.
Un repli repéré au domicile ne reste pas dans une conversation
Compte rendu et cahier de liaison depuis le téléphone, risque « Isolement » avec sa conduite à tenir dans le projet personnalisé, signalements qui préviennent la direction : Alma donne un chemin à ce que les intervenantes observent.
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