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Financement Réglementation

CESU déclaratif ou CESU+ : ce qui change quand l'URSSAF verse le salaire

CESU déclaratif ou CESU+ : la différence tient en une ligne, qui verse le salaire. Dans les deux cas, l'URSSAF calcule les cotisations, établit le bulletin et prélève l'impôt à la source. Avec le CESU+, elle prélève aussi le salaire chez l'employeur et le verse elle-même au salarié. Derrière cette ligne, il y a un calendrier légal, des conditions d'adhésion, le passage obligé vers l'avance immédiate, le cas particulier de l'APA et de la PCH, et un seuil d'exonération passé de 70 à 80 ans. Ce guide reprend chaque point, texte à l'appui.

CESU déclaratif ou CESU+ : un homme âgé et son fils regardent ensemble, sur une tablette, comment le salaire sera versé

La différence entre CESU déclaratif et CESU+ tient en une ligne

On présente souvent le CESU+ comme une version « améliorée » du CESU déclaratif, sans dire en quoi. La réponse est simple : il ne change ni la déclaration, ni le calcul des cotisations, ni le bulletin. Il change qui verse le salaire.

  • Sans CESU+, le particulier employeur déclare, puis paie lui-même son salarié : virement, chèque, espèces, CESU préfinancé.
  • Avec le CESU+, il délègue « l'intégralité du processus de rémunération » : l'URSSAF prélève le salaire sur son compte et le verse au salarié, net d'impôt si celui-ci est imposable (urssaf.fr, « Le service Cesu + »).

Pour une agence mandataire, la distinction compte doublement. D'abord parce qu'elle conditionne l'accès de ses clients à l'avance immédiate du crédit d'impôt. Ensuite parce qu'elle change la question que la famille posera au début du mois : « est-ce que j'ai bien payé Martine ? » n'a plus de sens quand l'URSSAF s'en charge. Notre guide Mandataire : qui déclare quoi à l'URSSAF replace ces deux circuits parmi les autres, dont Asap.

Ce que fait l'URSSAF dans les deux cas

Le CESU est le « dispositif simplifié » que le code de la sécurité sociale ouvre aux particuliers employeurs, « à leur demande », pour déclarer et payer les cotisations et pour déclarer et reverser la retenue à la source de l'impôt sur le revenu (articles L133-5-6 et L133-5-7). Que le particulier ait activé le CESU+ ou non, l'URSSAF assure quatre tâches.

Elle calcule les cotisations

À partir du salaire et des heures déclarés, l'URSSAF calcule les cotisations et contributions, « que le contrat soit oral ou écrit » (Service-Public, fiche F2912, vérifiée le 11 mars 2026).

Elle établit le bulletin de salaire

Avec le CESU, c'est l'organisme de recouvrement qui délivre le bulletin, et cette délivrance « se substitue à sa remise par l'employeur » (article L133-5-8). Le bulletin est généré au traitement de la déclaration : le site du CESU le dit disponible « dès le lendemain » dans le compte en ligne (cesu.urssaf.fr, page de mai 2022), Service-Public écrit « dans les 48 heures ». Dans un cas comme dans l'autre, ni l'employeur ni l'agence n'ont à le fabriquer.

Elle calcule le prélèvement à la source

L'URSSAF calcule l'impôt à partir du taux transmis par l'administration fiscale. Il est prélevé sur le compte de l'employeur avec les cotisations, puis reversé (cesu.urssaf.fr, page de janvier 2020). Sans CESU+, elle indique à l'employeur le salaire net d'impôt à verser ; avec le CESU+, elle verse directement ce net.

Elle prélève les cotisations

Les cotisations et la retenue à la source sont « acquittés au cours du deuxième mois suivant la période d'activité par prélèvement automatique sur le compte désigné par le particulier » (article D133-13-13). L'exemple de Service-Public est parlant : un salaire d'avril, déclaré dans les cinq premiers jours de mai, donne lieu à un avis de prélèvement fin mai et à un prélèvement vers le 30 juin.

À retenir : le CESU+ ne change ni le calcul des cotisations, ni le bulletin, ni le prélèvement à la source. Il ajoute le prélèvement et le versement du salaire par l'URSSAF.

Le CESU déclaratif : le particulier paie lui-même son salarié

Au CESU déclaratif « classique », l'employeur déclare au plus tard le cinquième jour du mois suivant la période d'activité (article D133-13-9), puis il verse lui-même le salaire. Le site du CESU liste les moyens de paiement : service CESU+, chèque, virement, espèces ou CESU préfinancés (« Comment payer le salaire ? »). L'URSSAF le rappelle en fin de parcours : « Après avoir enregistré votre déclaration, n'oubliez pas de verser le salaire à votre salarié. »

Ce circuit a un avantage : l'employeur garde la main sur la date et le moyen de paiement. Il a un revers, que connaissent bien les agences mandataires. La famille gère deux calendriers : le salaire, qu'elle verse quand elle y pense, et les cotisations, prélevées deux mois plus tard. Quand les enfants habitent loin et que le parent n'a plus l'usage de sa banque en ligne, le virement du mois devient une source d'oubli, de retard, et d'appels de l'intervenante.

Le CESU+ : l'URSSAF prélève et verse le salaire

En activant le CESU+, l'employeur « donne mandat à l'Urssaf » pour prélever le salaire sur son compte et le verser au salarié. Le salaire transite donc par l'URSSAF. La loi en tire la conséquence : l'employeur qui passe par ce service « est réputé satisfaire à l'obligation de paiement du salaire lorsqu'il a mis à disposition de l'organisme la somme correspondante », et la retenue à la source est effectuée par l'intermédiaire de l'organisme (article L133-5-12, I).

Un point à ne pas perdre de vue : le CESU+ ne transfère pas la qualité d'employeur. Le particulier reste l'employeur ; il confie seulement l'exécution du paiement à l'URSSAF, à condition que les fonds soient sur son compte au moment du prélèvement.

Le calendrier : ce que dit la loi, ce qu'annonce l'URSSAF

L'article D133-13-11 du code de la sécurité sociale, en vigueur depuis le 6 décembre 2024, fixe le calendrier du CESU+ :

  • le salaire est prélevé dans les deux jours ouvrés suivant la réception de la déclaration ;
  • il est versé au salarié au plus tard le quatrième jour ouvré ;
  • pour les particuliers employeurs du CESU, les cotisations et le prélèvement à la source restent prélevés au délai normal, c'est-à-dire au cours du deuxième mois suivant la période d'activité ;
  • une demande de CESU+ n'est pas honorée si la déclaration arrive après le 15 du mois suivant : l'employeur paie alors lui-même le salaire.

L'employeur au CESU+ « peut choisir » que les cotisations soient prélevées à la même date que le salaire (article D133-13-13, alinéa 2). Et entre le 5 et le 15, le CESU+ reste possible, « mais votre salarié percevra tardivement son salaire », prévient l'URSSAF.

J+3 : une pratique annoncée, pas une garantie légale

L'URSSAF communique un délai plus court que le plafond légal : « trois jours après la déclaration » (page CESU+), « le 3ème jour ouvré » (actualité de cesu.urssaf.fr du 11 décembre 2025), « à J+3 » (page de l'avance immédiate, août 2026). C'est la pratique annoncée. Ce que la loi garantit, c'est le quatrième jour ouvré : c'est ce délai qu'il faut donner à une intervenante qui demande quand elle sera payée.

ÉtapeCESU déclaratifCESU+
DéclarationAu plus tard le 5 du mois suivant (D133-13-9)Entre le 25 du mois et le 5 du mois suivant ; possible jusqu'au 15, avec un salaire versé tardivement ; au-delà, le CESU+ n'est pas honoré
SalaireVersé par le particulier lui-mêmePrélevé par l'URSSAF sous deux jours ouvrés, versé au plus tard le quatrième jour ouvré ; J+3 annoncé
Cotisations et impôt à la sourcePrélevés au cours du deuxième mois suivant la période d'activitéMême délai par défaut, ou à la date du salaire au choix de l'employeur
Bulletin de salaireÉtabli par l'URSSAFÉtabli par l'URSSAF
Salaire reçu par le salariéLe net d'impôt indiqué par l'URSSAF, versé par l'employeurNet d'impôt, versé par l'URSSAF

Adhérer au CESU+ : cinq étapes et quelques règles

L'URSSAF décrit une adhésion en cinq temps, dans cet ordre :

  1. un compte en ligne pour l'employeur et pour le salarié ;
  2. un salarié enregistré par l'employeur ;
  3. un accord préalable, matérialisé par l'attestation d'adhésion, en deux exemplaires conservés par les parties ;
  4. l'enregistrement de ses coordonnées bancaires par le salarié lui-même ;
  5. l'activation par l'employeur.

Le troisième point a une base légale : l'accord du salarié doit être recueilli (article D133-13-11, alinéa 1). Le quatrième a une conséquence pratique : c'est le salarié qui saisit lui-même ses coordonnées bancaires, pas l'employeur ni l'agence. C'est une étape à anticiper avec une intervenante peu à l'aise avec les démarches en ligne.

Trois règles pour rester au CESU+

  • Déclarer dans la fenêtre, entre le 25 du mois et le 5 du mois suivant.
  • Être à jour des paiements. Sinon, le statut passe à « Cesu + bloqué ».
  • Pour un nouveau salarié, faire au moins une déclaration « classique » avant d'activer le CESU+ (urssaf.fr, FAQ de l'avance immédiate).

Les cas d'exclusion prévus par la loi

L'article L133-5-12, IV, prévoit l'exclusion du service en cas de défaut de paiement, de prestations fictives, de pièces justificatives non produites, de surendettement ou de non-respect des conditions générales d'utilisation.

Et le CESU préfinancé ?

Les titres spéciaux de paiement, comme le CESU préfinancé, sont compatibles avec le CESU+ : ils se déclarent comme acompte, selon la FAQ de l'URSSAF. Attention en revanche à l'avance immédiate : parmi ses conditions, l'URSSAF indique qu'il ne faut pas utiliser de titres spéciaux de paiement. Une famille qui règle une partie du salaire en CESU préfinancé peut donc passer au CESU+ ; pour l'avance immédiate, la condition posée par l'URSSAF l'écarte tant qu'elle utilise ces titres.

CESU+ et avance immédiate : le passage obligé

Pour un particulier employeur, l'avance immédiate du crédit d'impôt passe par le CESU+ : « vous devez au préalable activer le service Cesu + », écrit l'URSSAF. Elle ne fonctionne donc pas avec le CESU déclaratif simple. La page en donne les conditions :

  • avoir une adresse en France ;
  • être le seul déclarant du foyer fiscal à recourir à des services à la personne ;
  • avoir un numéro fiscal ;
  • avoir fait au moins une déclaration de revenus en N-1 ou N-2 ;
  • « ne pas bénéficier d'une prise en charge financière par un tiers (bénéficiaires APA, PCH) » ;
  • ne pas utiliser de titres spéciaux de paiement ;
  • toutes les activités sont éligibles, sauf la garde d'enfant de moins de 6 ans.

Ce que l'avance immédiate change sur le prélèvement

L'URSSAF a publié un exemple chiffré : un salaire net de 200 € et 155,51 € de cotisations. Avec l'avance immédiate, l'employeur est « uniquement prélevé […] d'un montant de 177,75 € (soit la moitié du salaire et des cotisations) » (cesu.urssaf.fr, actualité du 11 décembre 2025). Côté déclaration par un tiers, la documentation de l'API précise l'ordre d'imputation : l'avance s'impute « d'abord sur le montant des cotisations, puis sur le montant du prélèvement à la source […] et enfin sur le montant du salaire ».

Une nuance, que les sources ne tranchent pas : faut-il un ou deux prélèvements par mois avec l'avance immédiate ? La loi maintient les cotisations au délai normal, sauf choix de l'employeur ; la page de l'avance immédiate parle d'un prélèvement du reste à charge « à J+2 ». Aucune source lue ne dit clairement s'il y a un seul prélèvement ou deux. Mieux vaut ne pas promettre à la famille « un seul prélèvement » tant que l'URSSAF ne l'écrit pas.

Une aide plafonnée, sur une dépense effectivement supportée

L'avance immédiate ne divise pas tout par deux sans limite. L'aide est plafonnée à 6 000 € par an et par foyer fiscal, portés à 10 000 € pour les invalides de troisième catégorie ou les foyers qui en ont à charge, ou qui ont à charge un enfant ouvrant droit au complément d'AEEH (article D133-13-11-1). Le crédit d'impôt lui-même vaut 50 % des dépenses retenues « pour leur montant effectivement supporté », dans une limite annuelle de 12 000 €, qui peut être majorée (article 199 sexdecies du CGI). Et les aides reçues pour financer l'emploi, comme l'APA, se déduisent des dépenses (Service-Public, fiche F12). Notre guide du crédit d'impôt et de l'avance immédiate détaille le mécanisme fiscal.

Par un tiers déclarant : pas de CESU+ sans avance immédiate

Quand c'est un mandataire ou une plateforme qui déclare avec l'API de tierce déclaration, le lien est encore plus serré : « Il n'est pas possible de réaliser une déclaration Cesu+ sans avoir activé l'AICI » (documentation publique de l'API, version 2.0.2 du 28 juillet 2026). La même documentation plafonne la déclaration CESU+ à 6 000 € de salaire net par période. Le fonctionnement de cette API, et de celle réservée aux prestataires, fait l'objet de notre guide Tierce déclaration ou Tiers de prestations.

APA et PCH : ce qui est ouvert, ce qui ne l'est pas

C'est le point où se glissent le plus d'erreurs, dans un sens comme dans l'autre. Trois réponses, selon la question posée.

Le CESU+ en direct : ouvert

La FAQ de l'URSSAF répond à la question « Un bénéficiaire de l'allocation personnalisée d'autonomie peut-il utiliser Cesu + ? » : les bénéficiaires de l'APA et de la PCH peuvent utiliser le CESU+ depuis leur espace. Écrire que le CESU+ leur est interdit serait faux.

L'avance immédiate : pas encore

« Non, le service Avance immédiate n'est pas encore disponible pour les bénéficiaires de l'aide personnalisée d'autonomie ou de la prestation de compensation du handicap. » La page de l'URSSAF, mise à jour le 3 août 2026, le dit en toutes lettres. Aucune date d'ouverture n'y figure : mieux vaut ne pas en annoncer.

Le CESU+ par un tiers déclarant : fermé à ce jour

Par l'API de tierce déclaration, la situation est différente. La documentation publique indique que l'activation du CESU+ par un tiers est refusée pour un « employeur ayant une exonération APA/PCH », et, on l'a vu, aucune déclaration CESU+ n'y est possible sans l'avance immédiate, elle-même fermée à ces bénéficiaires. En pratique : un bénéficiaire de l'APA ou de la PCH qui déclare lui-même peut activer le CESU+ ; celui dont la déclaration est faite par un tiers déclarant ne peut pas, à ce jour, y passer par ce canal.

L'exonération APA et PCH : partielle, et sur demande

Les bénéficiaires de l'APA, de la PCH, de l'ACTP ou de la MTP, ainsi que certaines personnes qui recourent à une tierce personne ou titulaires d'une carte d'invalidité à 80 %, bénéficient d'une exonération « partielle » des cotisations patronales de sécurité sociale (Service-Public, fiche F12384). Elle n'est pas automatique : au CESU, il faut adresser une demande écrite au CNCesu, avec un justificatif, par exemple la notification d'APA. Elle prend effet au premier jour du trimestre civil au cours duquel la demande parvient à l'URSSAF. Restent dues la retraite complémentaire, la prévoyance, le chômage, les accidents du travail, le Fnal, la contribution solidarité autonomie, la formation, et toutes les cotisations salariales (base légale : article L241-10 du code de la sécurité sociale, I et I bis).

Exonérations : 80 ans depuis la période de juillet 2026

Le changement le plus récent concerne l'exonération de cotisations patronales liée à l'âge du particulier employeur. Le décret n° 2026-261 du 8 avril 2026 a modifié l'article D241-5 : l'âge requis est désormais de 80 ans. Pour un couple, il suffit que l'un des deux ait atteint cet âge. Le décret ne relève pas l'exonération : il la restreint aux employeurs de 80 ans et plus. Le seuil de 70 ans subsiste pour l'accueil familial (II de l'article L241-10).

Deux dates à ne pas confondre

Le décret s'applique aux périodes d'activité courant à compter du 1er janvier 2026. Pour les particuliers employeurs, l'URSSAF applique la nouvelle règle « à compter de la période déclarative de juillet 2026 » : l'exonération « reste appliquée pour vos déclarations jusqu'à la période d'emploi du mois de juin 2026 inclus » (urssaf.fr, mise à jour du 29 juin 2026). Service-Public relève lui-même l'écart : « Le décret prévoit une application dès le 1er janvier 2026. Pour les particuliers employeurs, l'Urssaf précise que les nouvelles modalités s'appliquent à partir du 1er juillet 2026 » (actualité A18875).

Ce que couvre l'exonération liée à l'âge

  • Elle est plafonnée à 65 fois le SMIC horaire par mois, et, selon l'URSSAF, par ménage.
  • Elle est automatique pour l'employeur de 80 ans ou plus ; Service-Public précise qu'un couple doit en faire la demande.
  • Elle reste partielle : la retraite complémentaire, la prévoyance, le chômage, le Fnal, la contribution solidarité autonomie, la formation professionnelle, la contribution au dialogue social, les accidents du travail et l'intégralité des cotisations salariales restent dus (urssaf.fr, « Employer un salarié à domicile : les aides et exonérations »).
  • Elle ne touche ni au crédit d'impôt ni à l'avance immédiate : « Cette évolution n'impacte pas le crédit d'impôt et l'Avance immédiate », écrit l'URSSAF.

Dans les autres cas, une déduction forfaitaire de 2 € par heure s'applique, qui ne se cumule pas avec une exonération. Et deux mises en garde. D'abord, certaines pages officielles affichent encore « 70 ans », comme la page de l'URSSAF sur l'exonération « aide à domicile » des structures prestataires, qui annonce pourtant le changement en tête : pour le particulier employeur, la règle est 80 ans. Ensuite, cette exonération du particulier employeur (I de l'article L241-10) est distincte de l'exonération « aide à domicile » des structures prestataires (III du même article). Notre guide du coût employeur en mode mandataire chiffre l'effet du relèvement sur une heure d'intervention.

Conseiller une famille : CESU déclaratif ou CESU+ ?

Il n'y a pas de bon circuit dans l'absolu. Il y a des situations où le CESU+ simplifie la vie, et d'autres où il n'est pas accessible ou pas souhaité. Quelques repères pour la conversation avec la famille.

Quand le CESU+ simplifie vraiment

  • La famille gère à distance. Le CESU+ supprime le virement du mois : le salaire part du compte de l'employeur, sans qu'un enfant à 200 km ait à y penser.
  • L'intervenante attend son salaire à date fixe. Avec une déclaration envoyée à temps, elle est payée au plus tard le quatrième jour ouvré, net d'impôt.
  • Le client veut l'avance immédiate et remplit ses conditions : le CESU+ est le passage obligé.

Quand il faut regarder de plus près

  • Le salarié n'a pas de compte en ligne, ou ne souhaite pas saisir ses coordonnées bancaires : sans son accord et sans cette saisie, pas de CESU+.
  • Le compte de l'employeur est juste : le salaire est prélevé dans les deux jours ouvrés qui suivent la déclaration, et un défaut de paiement bloque le service.
  • Le salarié est nouveau : une première déclaration classique est nécessaire.
  • Le client perçoit l'APA ou la PCH : le CESU+ reste possible s'il déclare lui-même, sans l'avance immédiate ; par un tiers déclarant, il ne l'est pas à ce jour.
  • La famille paie en CESU préfinancé : compatible avec le CESU+, pas avec l'avance immédiate.

Le CESU+ ne rend pas la famille moins employeur. Il lui retire un geste, le virement du mois, et donne à l'intervenante une date de paie qui ne dépend plus d'une mémoire.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre le CESU déclaratif et le CESU+ ?

Dans les deux cas, l'URSSAF calcule les cotisations, établit le bulletin de salaire, calcule l'impôt à la source et le prélève avec les cotisations sur le compte de l'employeur. La différence porte sur le salaire : au CESU déclaratif, le particulier le verse lui-même à son salarié ; avec le CESU+, il donne mandat à l'URSSAF, qui prélève le salaire sur son compte et le verse au salarié, déjà net d'impôt.

Quand le salarié est-il payé avec le CESU+ ?

Le salaire est prélevé chez l'employeur dans les deux jours ouvrés qui suivent la réception de la déclaration, puis versé au salarié au plus tard le quatrième jour ouvré (code de la sécurité sociale, art. D133-13-11). L'URSSAF annonce un versement à J+3 : c'est sa pratique, le plafond légal reste le quatrième jour ouvré. Une déclaration reçue après le 15 du mois suivant n'est pas honorée en CESU+.

Faut-il le CESU+ pour bénéficier de l'avance immédiate du crédit d'impôt ?

Oui, pour un particulier employeur. La page de l'URSSAF consacrée à l'avance immédiate indique qu'il faut « au préalable activer le service Cesu + ». L'avance immédiate ne fonctionne donc pas avec le CESU déclaratif simple. Elle reste plafonnée à 6 000 € par an et par foyer fiscal, ou 10 000 € dans certains cas d'invalidité ou de handicap (art. D133-13-11-1).

Un bénéficiaire de l'APA ou de la PCH peut-il utiliser le CESU+ ?

En déclarant lui-même, oui : l'URSSAF indique que les bénéficiaires de l'APA et de la PCH peuvent utiliser le CESU+ depuis leur espace. En revanche, l'avance immédiate ne leur est pas encore ouverte. Et par un tiers déclarant, la documentation de l'API de tierce déclaration refuse l'activation du CESU+ pour un employeur exonéré au titre de l'APA ou de la PCH, et aucune déclaration CESU+ n'y est possible sans l'avance immédiate.

À quel âge un particulier employeur est-il exonéré de cotisations patronales ?

À 80 ans, depuis le décret n° 2026-261 du 8 avril 2026 ; pour un couple, il suffit que l'un des deux ait atteint cet âge. Pour les déclarations au CESU, l'URSSAF applique ce seuil à partir de la période déclarative de juillet 2026 : l'ancien seuil de 70 ans vaut jusqu'à la période d'emploi de juin 2026 incluse. L'exonération est plafonnée à 65 fois le SMIC horaire par mois, et elle reste partielle.

Pour aller plus loin

Le mode mandataire, du mandat à l'export de paie

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